Il l’aime et pourtant elle n’est ni une déesse de la beauté ni tendre
Il a connu des femmes extrêmement belles. Des femmes qui l’aimaient, des femmes tendres et belles. Des femmes qui étaient prêtes à tout laisser tomber pour lui, sauf une de ses exigences majeures : la piété. Il les voulait pieuse.
Lui était musulman de naissance, mais aussi musulman pratiquant. Ses copines musulmanes de naissance, parce qu’elles négligeaient les heures de prières et s’habillaient « sexy », il s’en sépara. Il aimait Dieu et ne détestait pas les femmes. En chaque femme, il voulait voir Dieu, la vertu. Tout ce qui était sexe avant mariage relevait pour lui de Satan, de ce diable proscrit, maudit par Dieu. Combien de femmes a-t-il dû laisser tomber parce qu’elles étaient si mondaines, si attachées aux voluptés, à la chair, au sexe ?
Il était dur et faible. Mais sa faiblesse était, elle, moins perceptible. Elle existait en lui, dans sa poitrine.
Après ses nombreuses ruptures avec les femmes qui l’aimaient, ces femmes tendres mais non croyantes, il rencontra une fille, Aaaa Exaaaa. Elle n’était ni la plus belle du monde ni la plus intelligente. Certaines personnes s’étonnaient qu’il puisse aimer une telle fille. Elle était juste une fille, rien d’autre.
Au début de leur relation, il hésitait à s’engager totalement. L’aimait-il d’ailleurs ? « Celle-ci au moins était pieuse, se disait-il. Bon, elle priait quoi ». Mais elle était loin de la tendresse que chaque homme attend d’une femme. Elle était dure et indécise, jamais romantique. Oui, lui, il aimait la poésie. Et donc attendait d’une femme, au-delà de sa piété, des mots doux, des phrases qui caressent l’âme et le cœur sans jamais verser dans la sensualité obscène.
Cette fille avait même fini par se voiler, alors il l’aima encore davantage. Malheureusement, si pieuse qu’elle puisse paraître, elle est sans tendresse, sans « romantisme ». Elle ne sait pas aimer. Il prit alors la sage décision de lui apprendre à aimer, ou plus précisément, à exprimer son amour, à faire parler son cœur. Pendant une année, rien ne changea. Mais il continua de l’aimer, malgré ses défauts.
De nouveaux événements surgirent. Ces derniers n’ont pas arrangé les choses. Leur relation se compliqua. Figurez-vous, la mère de la fille le trouvait possessif, alors qu’il était simplement plein de sollicitude, plein d’amour pour cette fille insensible, éduquée dans une atmosphère rigoureuse. Il l’assistait, l’appelait, lui envoyait des messages poétiques par téléphone, lui faisant comprendre que nos parents ont vécu leur vie et devaient les laisser vivre la leur. Pourquoi cette mère, musulmane comme lui, veut elle les séparer ? Il trouvait l’argument de la possessivité assez faible. Ecoutant sa mère, la fille commença à changer, par ses propos, mais aussi, par ses attitudes. Sous la pression incessante de cette bonne mère, la fille plongea dans le mensonge. Oui, elle a menti pour rompre leur relation, cachant que sa mère était derrière leur rupture.
La mère parvint à les séparer. Comme on dit, une mère est beaucoup plus proche de ses enfants plus que toute autre personne. Elle écouta sa mère et se sépara de l’homme qui l’aimait tant, l’homme qui voulait tout lui donner, qui lui a tout donné. Pourtant, ses frères et sœurs, tous, l’admiraient et souhaitaient le voir comme futur époux d’ Aaaa Exaaaa.
Tout seul dans son ermitage, il espère que son « amoureuse » lui reviendra, pieuse et tendre, que cette mère bénira leur relation, un jour. Même si cette fille n’est pas belle, il l’aime. L’amour ne s’explique pas. En plus qu’est-ce que la beauté, cette chose subjective ? On devrait tous dire : « je t’aime c’est pourquoi tu es belle », et non « tu es belle c’est pourquoi je t’aime ». La beauté est dans le regard et les sentiments de chacun. C’est tout.
Personne n’a le droit de séparer des êtres qui s’aiment. Personne ! Aimons-nous « pieusement » et tendrement !
Qu’Allah bénisse ceux qui s’aiment en son Nom !
Le Troublé
Dans le Blog du Sociologue Rebelle
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